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Mes virées, mes carnets...Bienvenue chez moi. C'est-à-dire nulle part.

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 11:13

Et voici, et voilà. La première vidéo de "l'après", c'est-à-dire après la publication de mon livre 200 Pages maxi, qui commence gentiment à susciter des réactions et trouver son public. C'est une grande joie de dialoguer avec les lecteurs de ce petit essai, ce petit roman, cette petite diatribe, ce missile, je ne sais toujours pas quel sera le meilleur descriptif pour cet OVNI. Merci à tous pour votre soutien depuis toutes ces années. 

 

 


 

 

 

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 19:58

P1010216

The next move was Aleppo. In order to save time, and test the cheap domestic lines, here we are, over Syria.


P1010220

And here is Syria, under us.



But to run away from Damascus in the middle of the night has a price. We're pretty beat when we arrive in Aleppo, and after a long nap we finally drag our carcasses in the streets. Straight to the souq, as usual, as it has became a reflex of some sort. But no fun, no. Aleppo's souq is beautiful, sure, but to enter it, we probably picked the wrong door, the artists' entrance. Hostile looks galore, we're not supposed to be here. No picture here. A strange, stringy guy stands in our way, jaws and fists clenched, before moving away from us. Laying in the gutter, a fortyish man in underwear is blabbering, possibly drunk or high, rolling in his feces. And when we frown, people still look at us as we are the misplaced ones.

So we just take off, that's what we do. Straight to Aleppo's citadel, a medieval western-Europe-style castle with moats and a draw-bridge. A lot of people around, and even more going in. The guard in uniform tells us that it's too late for visits, that they're expecting a « doctor in Islam », an über-famous one, due any minute now. Looks like I'll always be in the way of some big-shot cleric, wherever I go (cf. this one here). But then he changes his mind and tells us that it's ok, we have 30 minutes to take a walk around the ruins.


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The panorama is definitely worth it. Aleppo from above. And since everybody is gathereing an amphitheater, we can shoot the ruins without any tourist in the picture. And well, by the way, they're testing the microphones, so we'd better head back out.

 

P1010231


But it's too late. We run into the « doctor in Islam », surrounded with guards and private security, all quite tense, and the crowd around even more enthusiastic. No picture of the famous guy, this time.

 

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And when we get tot the door, it's really too late. The guards have closed the doors to the citadel, just like in the old invasion days. The problem is, more people are piling out the door, and we find ourselves in some double-lock space, and after tension comes confusion, when a guard draws his gun and points it to the ceiling.

A little relief comes when other guards start to separate the tourists from the Syrians, but it doesn't feel like safe haven when they park us in a glass-walled office, right above the crowd. The guard with the pistol snaps, grabs the kid, maybe a few years younger than himself, who was standing up to him, and with the help of other guards, cuffs him and brings him in another glass-walled office, right across ours. And right away starts a violent slapping contest. Screams in the office and outside. In me, in all of us in the silent tourist office, there's a big hole. Paralized. We have no idea where this is going to go, but it's not going to be nice. Funny how, just when we are two glass walls away from what we usually watch on television, we are right in the middle of reality.

And then... A lame voice right behind me says « Maybe we should take pictures? ». I jump, turn a little to the young tourist and let out : « Hell no. ». And the kid shrinks back. On the other side, the guards got ahold of themselves, and this indecision moment, maybe they saw us, a fraction of reason must have made the difference, they rather bet on détente, and open all the gates, uncuff the kid and pat him nicely on the back, we're all good buddies now, and then they open the castle gates, and escort us outside, goodbye goodbye, and here we are, spat out by the stone dragon.

 

Two shots from that moment. I have no idea of when exactly I pushed the button, probably before we got caught in the maelstrom. On one of them, as you can see, the hood of my compact camera got stuck,a dding to my confusion. As for later, I had no regret about taking pictures. 

 

P1010250

P1010249

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 15:05

 

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L'étape suivante, c'était Alep. Histoire de voir, et de tester les lignes intérieures et leurs prix dérisoires, et pour s'économiser un peu de bus, nous voici survolant la Syrie.



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Et voici la Syrie, survolée par nous.

 

Mais se lever au milieu de la nuit pour fuir Damas a son prix. Nous arrivons à Alep aussi épuisés qu'en bus, et après une longue sieste, nous commençons à nous traîner dans les rues d'Alep Droit vers le souk, comme si c'était devenu un réflexe, partout où nous allons, droit vers le souk. Et pour tout vous dire, nous le traversons plutôt rapidement. La vieille ville grouille d'activité, oh oui, mais nous avons dû choisir la mauvaise porte, l'entrée des artistes. Il n'existe aucune photogrpahie de ces moments, tant ils étaient angoissants. Une tension jamais ressentie jusqu'alors. Des regards franchement hostiles. Un type étrange qui se plante devant nous, mâchoires et poings serrés, avant de continuer son chemin. Ce qui est peut-être un ivrogne, un homme d'une quarantaine d'années, en slip, couché dans le caniveau, dodelinant la tête, et se roulant dans ses excréments. Et lorsque nous haussons et fronçons les sourcils, les regards alentour semblent nous faire comprendre que nous sommes déplacés.

Nous filons, voilà bien ce que nous faisons. Damas était parfois tendu, Alep est carrément flippant.

Au bout de la course, comme un refuge, la citadelle d'Alep. Un château très occidental en pleine ville, perché sur une butte de pierre, encerclé de douves, et un pont-levis pour y accéder. Une forte affluence, malgré l'heure tardive. D'ailleurs, l'un des gardiens, très nerveux, nous explique qu'un « docteur de l'Islam » célébrissime doit arriver d'une minute à l'autre pour donner une conférence à l'intérieur, et que les visites sont impossibles. Il semble que je sois toujours dans le passage d'une huile cléricale, où que j'aille (cf. celle-ci). Puis il se ravise sans qu'on ait eu besoin d'insister, et nous laisse entrer gratuitement « pour une demi-heure ».



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Pour le point de vue, cela valait le coup. Panorama d'Alep au soir, imprenable. Et comme tout le monde semble se masser vers un amphithéâtre, on peut prendre les ruines de l'intérieur de la forteresse sans touriste.

 

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Justement, les organisateurs testent les micros, et on voit bien que la foule commence à être importante. La règle du touriste étant inverse de celle du reporter, il vaudrait mieux dégager la piste et ne pas se trouver au milieu de l'action, si action il devait y avoir.

 

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Trop tard. Nous croisons le « docteur de l'Islam », entouré d'un service d'ordre qui n'encourage pas du tout à la photographie touristique (toujours pas de photo, donc), mais l'enthousiasme grandissant autour de nous est un bon indicateur : même si l'on n'a pas peur des mouvements de foule, on sait qu'il vaut mieux les fuir.

Seulement voilà. Lorsque nous arrivons à la porte, c'est bel et bien trop tard, puisque lesdites portes médiévales ont été bouclées comme aux heures de grande invasion : on n'entre plus, alors même que les spectateurs continuent de se masser de l'autre côté. Nous nous retrouvons même dans une espèce de sas, entre deux de ces portes. La tension, puis la confusion. Trop d'invitations ont été envoyées, et les gardes sont complètement dépassés. L'un d'eux sort son pistolet et le pointe vers le plafond. Là, croyez-moi, on s'écrase.

Et quand d'autres gardes entreprennent de séparer les touristes des Syriens, pour nous parquer dans un bureau vitré surplombant la scène, on est soulagés, mais... Pas tellement rassurés. Le garde au pistolet, jeune, très excité, empoigne le gamin de quelques années son cadet qui lui résistait, et deux autres gardes se joignent à lui pour le menotter, l'emmener dans un bureau similaire au nôtre, exactement en face de nous. Deux vitres nous séparent, et à nos pieds, la foule. Les gardes giflent le gamin à tour de bras, lui collent le visage contre un bureau. Haut-le-corps général. A ce moment, tout peut arriver. Les copains et moi, on observe, paralysés. Curieux comme, alors précisément que nous sommes séparés de la réalité par deux épaisseurs de verre, nous sommes pourtant plus proches que jamais des faits que nous voyons normalement à la télévision, en pleine réalité.

Et alors... Dans le silence de notre bureau, la voix d'un jeune touriste dit... « On devrait peut-être prendre des photos? ». Je sursaute, me tourne à demi vers lui et lâche : « Surtout pas. »Et le gamin en reste là. De l'autre côté, les uniformes se sont repris, ils nous ont vus peut-être, et dans cet instant d'indécision, la fraction de raison l'a emporté, ils préfèrent parier sur la détente, et les voici qui libèrent le môme, lui donnent des tapes amicales dans le dos, le font asseoir. Bientôt, ils ouvrent grand les vannes, et nous escortent à la porte, au revoir au revoir, et nous voici recrachés par le dragon de pierre.



 

Il me reste deux clichés de cet épisode. Je ne sais plus exactement à quel moment j'ai déclenché, sans doute avant d'être pris dans le maelström de départ. Comme vous pouvez le voir, le capot de mon compact s'est coincé. Quant à déclencher dans les minutes suivantes... Aucun regret. P1010250.JPG

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 10:59

When I think back, it was definitely reckless of me. Not sure I'd do it again. And yet I took many of those dangerous pics, hanging to a wall of rock, one hand gripping the rope and the other clicking the camera, aiming the best I could, trying not to move too much... Or pictures shot at breast-level, without looking, no aim, trying not to raise some nasty-looking guys' attention, and usually successfully, as you can see -I'm still here, writing those lines.

 

This one is not about street photography. It has its dangers, not only for the photographers, but for the subjects, who can sometimes get in trouble because of you. Sure, it can be published nowadays, and who knows what can happen when certain regimes start looking online? Well, in this case, I confess I wouldn't mind if those guys got in trouble thanks to me.

 

Here's the story : back in 2006, I was in Iran. Not the whole year, mind you, a couple of weeks, with my cousin Roland. At some point on the long way, we'd selpt in a caranvanserai. Yes, you read that well, it was one of the 999 Shah Abbas the Great build. Rumor has it that he had built that specific number because 1000 sounded too vague, aproximative, and would be regarded as a legendary figure.

 

The night had been silent and cold, the desert's breath blowing in our mustaches. We'd woken up without knowing too well where and when we were. But after a hike, some bastards made sure we'd remember where and especially when we were. Bassijis, members of the Hezbollah, storming into the peaceful oasis, demanding a feast from the three old-timers vaguely in charge of maintenance.

 

Three hairs in the soup : my cousin, our guide, and I. An american, a frenchman, and our iranian guide. And nobody else. Our guide walks up to the bearded hezbollahis, and as expected, things heat up. Funny how I would have played it loooooooow profile, but our guide just won't let go, and stands up and doesn't let go. He argues, snaps back, and in the end turns to us : « They want to see your passports. And they want me to wear a long sleeves shirts and a trouser (he was wearing a wife-beater and shorts). Oh and they don't want you to take any photos. »

 

Why, by the way? « because there's an ayatollah on his way. He's coming here for lunch and a lecture. ». Woops. A super-mullah. Ayatollahs are only about fifty in the country, according to our guide. Like catholic cardinals. But in this theocracy, they're also in charge of various state matters.

 

Needless to say the situation is quite tense all of a sudden. SUVs storm in, and more hezbollahis and Bassijis pour out, lots of beards, and hugs, especially when the supreme beard comes out. And a big lot of heavy looks coming our way.

 

My cousin the photographer is all excitement. He's put all his cameras in plain sight, no Mr. Ayatollah, I'm not taking your precious picture, but he's all WOW!!! DUDE, WE HAVE AN AYATOLLAH!!!

 

Me, I'm not so psyched. I stay on the blanket, eating sparsely, looking around, sensing the tension. And it's high. None of these guys look like fun. Little by little, they go about their business and stop ogling us. And we do the same, trying haaaaaaaard not to look at them, because, Dude, we have an ayatollah. And so, while the Ayatollah eats and lectures, a few meters from us, I consider the camera right next to me, not quite halfway between the ayatollah and me. It's my camera, a humble compact digital, so small it usually fits in my pocket. And what do you know, it happens to be aimed at the ayatollah. A bite of this, a bite of that, our guide's food is a miracle, and I turn, and looking like I'm not interested, I put my finger on the on/off switch, and then I click and then turn it back off. No checking, no proper aiming, no looking back, one more bite, let's change the subject. My cousin saw me do and can't stop winking and laughing.

 

Now what would be the consequences? Who knows. Somewhere between a severe argument, a night in a cell and a total disappearance. These guys are no joke, the regime is no joke. Remember what they say? Never take pictures of military, cops, uniforms... Not to mention ayatollahs.

 

So why in the world did I take it? No idea. Look at it now. It's not even a good picture. I would have done a better job by asking the Beard to pose. It was a dangerous, explicitly forbidden shot, and I'm not a reckless man, according to my own perception and the many recommendations I gave to as many people. Heat of the moment, the fact that those guys were all looking elsewhere... And most important, it was... feasable.

 

 

Deuxieme-dossier 1090

I took it, and moved on.

 

I never regretted it, although I know I could have had to bitterly regret it.

 

Artistic mark : 2/10. The colors aren't bad.

Composition : 1/10. The framing is flat. The models aren't in focus.

Geopolitical value : 5/10. Yes, there's an ayatollah, but which one, dammit?

Journalistic value : 3/10. And I'm being kind.

 

Sentimental value : 10/10 : Clic-clac, gotcha ayatollah!

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 18:00

Une petite pause dans ma saga syrienne. Retour en Iran. 

A y repenser, il s'agit en toute honnêteté de la photo la plus risquée de ma vie. J'en ai pris quelques-unes, des photos risquées, suspendu dans le vide, agrippé d'une main à un bout de rocher, à faire confiance à la corde, à calculer chaque geste, déclencher de la main libre, cadrer à peu près, tâcher de ne pas bouger... J'ai pris des photos au beau milieu de routes, histoire de capturer cette sensation d'infini qui se dégage d'un bon voyage. J'ai déclenché au jugé, à hauteur de poitrine, en espérant que des patibulaires ne remarqueraient rien. Ils n'ont d'ailleurs jamais rien remarqué, puisque je suis toujours ici pour vous en parler.

 

Il en est pourtant quelques-unes que l'on n'oublie pas, mais qui furent si dangereuses qu'on ne devrait pas les montrer. Pas toujours parce qu'on a risqué sa peau sur le moment, lors de la capture, mais peut-être parce que ceux que l'on a capturés pourraient risquer gros, ou bien parce qu'ils pourraient nous faire risquer gros.

 

Il ne s'agit pas cette fois de photographie de rue. La photo de rue peut faire courir des risques aux modèles involontaires (couples illégitimes par exemple), mais rien de cela dans ma photo du jour. Pour être tout-à-fait franc, je dirais même que si les types de la photo avaient des problèmes, je m'en réjouirais plutôt.

 

Voici l'histoire : en 2006, j'étais en Iran. Vous pouvez lire le récit complet ici. Pas toute l'année, deux semaines à peine. J'avais parcouru pas mal de terrain, notamment en compagnie de mon cousin Roland. Au gré des kilomètres, nous avions passé une nuit dans un caravansérail. Oui oui, un caravansérail vieux de plusieurs siècles, l'un des 999 bâtis par le Shah Abbas le Grand, dont on dit qu'il en avait choisi le nombre pour sa crédibilité, craignant que 1000 sonne comme une exagération, une légende.

 

La nuit avait été froide et venteuse, l'haleine du désert nous soufflant dans les moustaches. Nous ne savions plus vraiment à quelle époque nous nous réveillions. Mais après quelques balades dans les environs, une bande d'emmerdeurs nous l'avait rappelée, l'époque : des types du Hezbollah, des Bassijis, des salopards, débarqués dans les lieux, forçant les trois pépères vaguement chargés de veiller sur les lieux à préparer un petit festin et, nom de Dieu, à remettre un peu d'ordre dans la pétaudière.

 

Et bien sûr, seuls cheveux dans la soupe, un Français, un Américain et leur guide. Problème polycéphale pour les uniformes. Notre guide ne se démonta pas, leur répliqua, marqua son territoire, exhiba tous les papiers nécessaires. Il finit par se tourner vers nous : « Ils veulent que je porte des manches longues (il portait un t-shirt sans manches) et un pantalon (il portait un short), et ils veulent que vous ne preniez aucune photo. » La raison, au fait? « Un ayatollah doit venir ici pour une réunion. Il est en route. »

 

Oups. Sachez que des ayatollahs, d'après notre guide, il y en aurait une cinquantaine dans le pays. Des super-mollahs. Des cardinaux. Et en charge de dossiers gouvernementaux divers, théocratie oblige.

 

Autant dire qu'on n'en mène pas large. Des 4x4 balèzes débarquent en effet, avec plus de Bassijis, plus de Hezbollahis, des armes pas très loin, des bises au barbu suprême lorsqu'il s'extirpe de son carrosse, et pas mal de regards très, très lourds dans notre direction.

 

Mon photographe de cousin a posé ses appareils bien en vue, loin de lui, et admire la scène avec curiosité et excitation : un ayatollah!!!! Un vrai!!!

 

Pour ma part, je reste couché sur notre tapis, et grignote ce que notre guide nous a cuisiné. Je prends un air détaché. Je sens la tension du moment. Et elle est importante. Tous ces types ne rigolent pas. Pas du tout. A une dizaine de mètres de là où je mange, un ayatollah mange et professe. Et entre nous, posé négligemment à côté de moi, mon petit appareil photo, bien moins repérable que les gros réflex de mon cousin. Alors en parlant, en prenant le plus bel air de rien qu'on vît jamais, j'allume l'appareil, je ne vise pas, je pointe, j'appuie, j'éteins, et je reprends une bouchée de pain. Roland m'a vu, il s'en tient les côtes.

 

Quelles seraient les conséquences, si ces peu riants personnages m'avaient vu? Impossible à dire. Vu nos passeports, vu le contexte, cela pourrait aller de la nuit au poste à la disparition. On dit toujours qu'il ne faut jamais photographier les militaires. Alors les ayatollahs...

 

Mais surtout, pourquoi diable ai-je pris cette photo? Qu'est-ce qui m'est passé par la tête? Regardez le cliché, il ne vaut pas grand-chose. J'aurais mieux fait d'aller demander au barbu de poser carrément. Je ne sais pas. J'ai vu le moment où les tensions s'étaient calmées, où nous n'étions plus que des points d'interrogations sans grande importance, où personne ne me regardait, et où... C'était faisable.

 

Deuxieme-dossier-1090.JPG

Je l'ai prise, et je suis passé à autre chose.

 

Je n'ai jamais regretté, même si je sais que j'aurais pu avoir à le regretter très amèrement...

 

Note artistique : 2/10. Les couleurs ne sont pas vilaines.

Composition : 1/10. Cadrage plat, personnages indistincts.

Valeur géopolitique : 5/10. Oui, c'est un ayatollah, mais lequel, bon sang?

Valeur journalistique : 3/10. Et encore, c'est bien payé.

 

Valeur sentimentale : 10/10. Clic-clac, je t'ai eu, ayatollah!  

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 15:22

Amis, bonjour. 

 

Et voilà, ça devait arriver, je vous présente mon prochain projet, presque disponible, attention ça vient, encore un effort, aaaaaaaaaayé! 

La bête s'appelle 200 Pages Maxi, et sortira le 01 novembre 2013, sur Amazon, Google Play, iTunes, c'est dit, on n'y reviendra pas. Elle sortira en français ce jour-là, et en anglais quelques temps plus tard. Patience, my friends.

J'entends déjà vos félicitations amicales, et vous en remercie. Mais j'entends aussi vos interrogations! 

Qu'est-ce que c'est? Ca parle de quoi? Ca se mange? C'est de quelle couleur? Est-ce qu'on peut s'en servir pour laver les vitres? 

Oui, oui, oui, et bien plus encore. 

200 Pages Maxi se veut le guide de tout, en un minimum de pages. D'où le titre. 

J'ai écrit 200 Pages Maxi il y a un an et demi, en trois semaines environ. A l'époque, j'étais en résidence au Vietnam, et j'avais un peu de temps libre. Et dans la tête, une idée un peu particulière. Ca me trottait depuis quelques mois. J'explique, sautons encore en arrière : j'avais écrit, au fil de nombreuses années, un énorme roman, une saga de plus de mille pages, dont l'action se situait entre 1204 et 1207 aux alentours de la Constantinople de l'époque. A ma grande surprise, quelques éditeurs s'étaient dits intéressés, avant de se détourner de mon monstre. C'était frustrant. 

J'avais alors promené mon regard sur ce qui se publiait et se publie encore en France, pour comprendre, pour trouver la réponse à la question bicéphale : pourquoi eux, pourquoi pas moi? 

Je n'avais pas trouvé grand-chose. Mais j'ai eu l'idée de mon prochain outrage, de ma prochaine fusée. J'allais raconter ce qui s'était passé autour de ce monstre, de cette saga qui m'avait transporté un peu partout et à laquelle j'étais désormais enchaîné. Une sorte de making-of. Et pour cela, il fallait revenir en arrière, réfléchir sur soi et sur la vie, sur le roman, sur l'écriture, sur ce qui m'a amené là. Et forcément, il fallait le faire sans fard ni concession. Il fallait le faire pour moi, et pour vous aussi. Et il fallait le faire vite, ne pas traîner, soyez brefs, sinon on zappe. 200 Pages Maxi, et c'est déjà beaucoup. 

 

200 Pages Maxi, c'est donc un peu de tout ça, un traité, un guide, un making-of, un carnet de voyages, du vrai, du faux, des pumas, une autobiographie, les dix règles de la drague réactualisées, et la clef enfin révélée du mystère des années 90. 

Et pour vous, aujourd'hui, la première vidéo de présentation. Si j'ose l'appeler "première", c'est qu'il y en aura d'autres. Ne changez donc pas de chaîne. 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 16:17

Mosque.

 

I am an atheist, a godless man. I have no religion and I don't miss it. I am part of the community who says it is no community. As a child, I used to think that I would see religion disappear. Not by my hand, mind you. Time passed, and watching the world and those who walk it, I accepted I was wrong. Neither in my time, nor by my hand. Religion lasts and endures, even without me. I learned to understand what created it, the famous etymology, the bond between all and each other. It didn't explain me the pyres, the martyrs, the tortures, the hatred. But I understood.

I come from a country where, wether you rejoice or regret it, churches are empty. More than 95% of them. Most of them are very beautiful, and they still inspire silence to those who visit them, maybe a remaining strength of its past viguor. No doubt also that the old times architects knew how to build silence. Nowadays churches are battleship skeletons. You can guess the life they used to shelter, and you enjoy the cold wrapping silence when walking through them.

 

Middle eastern mosques, for many historical, social, religious and political reasons, or mixes of all the former reasons, are well alive, and for many of them, still buzz as old times churches used to do when they were young : in a messy way. 

 

Ommeyyad détail (Copier)

During the day, you can't miss the Umeyyad mosque. 

 

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Even outside it's doors, its spirituality seems to radiate. 

 

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Inside, even the believer is a tourist. 

 

 

***

 

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Night left an even deeper impression on me. It's beauty joined the stones, and the stars echoed with children laughs.

 


 

So here it is. That's how Damascus felt back in 2010. That and surely much more than that, but the twists and turns of our trip didn't leave us much time to explore. A rugged first impression, no doubt, but an intense and dense life, a life that didn't seem to care much for us, wanderers, witnesses, peepers, exoticists, tourists. After more turns and twists, we came back to Syria, to Aleppo this time. 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 15:10

Omeyyades. 

 

Je suis un athée, un sans-dieu. Je n'ai ni religion ni regret de n'en avoir pas. Je fais partie de cette communauté qui se dit sans communauté. Enfant, j'ai cru que la religion disparaîtrait de mon vivant. Pas de mon fait, quand même. Le temps a passé, en observant le monde et ceux qui l'arpentent, je me suis fait une raison. Ni de mon vivant ni de mon fait. La religion dure et perdure, même sans moi. J'ai appris à comprendre ce qui l'avait créée, la fameuse étymologie, le lien entre tous et chacun. Ca ne m'a pas expliqué les bûchers, les martyres, les tortures, les haines. Mais j'ai compris.

Je viens d'un pays où, qu'on s'en réjouisse ou s'en lamente, les églises sont vides. A plus de 95%. Elles sont très belles pour une grande part, et inspirent encore le silence à qui les visite, sans doute une force rémanente de sa vigueur passée. Sans doute aussi que les architectes d'autrefois savaient construire le silence. Les églises d'aujourd'hui sont comme les épaves des bateaux de guerre. On devine la vie de naguère en les rêvant, et on jouit du froid silence enveloppant en les arpentant.

Les mosquées du Moyen-Orient, pour de nombreuses raisons historiques, sociales, religieuses, et politiques, et même tout cela à la fois, sont bien vivantes, et pour beaucoup, palpitent comme le faisaient les églises encore jeunes : en désordre de marche.

 

Ommeyyad-detail--Copier-.JPG

De jour, la fameuse mosquée des Omeyyades se repère de loin



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Sa force spirituelle semble d'ailleurs irradier au-delà de ses murs légendaires.




 

***

 

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Et à l'intérieur, le croyant est aussi un touriste




 

***

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La nuit m'a bien plus marqué encore. Sa beauté s'est mêlée à celle de la pierre, et aux étoiles répondaient les cris d'enfants.




 

 

 

Voilà. Damas en 2010, c'était cela, et sans doute beaucoup plus, mais le hasard de notre voyage ne me laissait pas le temps d'explorer davantage. Un abord rugueux, sans doute, mais une vie intense et qui ne semblait pas s'inquiéter beaucoup de ce que nous autres, étrangers, exotistes, voyeurs, touristes, pouvions bien en penser. Après quelques tours et détours, nous étions de retour en Syrie, à Alep cette fois. 

 

 

 


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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 15:06

Un mot en passant/a quick word. 

 

J'ai été fort occupé/I was quite busy

 

Je n'ai rien posté/I posted nothing

 

Je n'oublie pas ce que je dois/I don't forget what I owe

 

J'espère que vous m'attendrez/I hope you'll wait for me

 

Jusqu'à samedi!/Til saturday

 

Pour le nouvel épisode/For the next episode

 

En attendant, un complément/In the meantime, a complement

 

Une photo de Damas la nuit/A picture of night-time Damascus

 

Avant. / Before. 

 

damas-souknuit--1-sur-1---Copier-.jpg

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 12:15

Night people.

 

We came back. We had to. Impossible to stay locked in a hotel when the world is calling. That's one of the traveller's rules : don't choose a hotel too comfortable. You have to go out. The ideal hotel has no Internet nor TV.

 

damas resto (1 sur 1) (Copier)

It's evening, and we head east, the only possible direction : the souq again. We spotted a great restaurant with a dreamy terrace-rooftop.

 

 

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At night, Damascus' souq is much more alive, noisy, fun than during the day. It's still about selling and buying, but also taking walks, meeting, laughing.  

 

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One of the main attraction of the souq is this ice-cream joint. 

 

damas glace (1 sur 1) (Copier)

Big success. 

 

damas glace4 (1 sur 1) (Copier)

I know this pic is far from perfect, but it touches my heart. It reminds me of a smiling face of Syria, when the evening's big deal was a pistacchio chips-covered ice cream. 

 

P1000970

Those girls will turn out to be almost our only interlocutors in the whole country. They'll offer us the classical "where are you from" chat we'd been vaguely craving for. 

 

Damassouk8 Red Dress (Copier)

Heading back to the hotel, the atmosphere has changed again. Much quieter. Not much noise anymore, just peaceful passer-bys. 

 

damas souknuit3 (1 sur 1) (Copier)

Only a few possibly unauthorized sales keep the souq busy now. 

 

P1010014

Those puppets watch over us a little longer, hanged to Jupiter's temple columns. 

 

Damas nuit 3 (Copier)

Only traffic seems unchanged. I always got the feeling that while the world goes to sleep, a nomadic people keeps wandering the planet's arteries, just to keep it alive. Paradox.


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